
Dans de nombreux pays, l’enseignement supérieur est le parent pauvre des ministères. Certaines universités et grandes écoles battent de l’aile. Elles sont mal équipées. Leurs laboratoires sont sans budget consistant. Si les enseignants fournissent de nombreux efforts pour bien former les étudiants, les autorités gouvernementales ont d’autres priorités non moins importantes : électrifier le pays, désenclaver de nombreuses localités, assurer l’éducation de base d’une jeunesse qui attend trop des Etats… C’est ainsi que dans certaines filières, l’étudiant n’a droit qu’à des cours théoriques, le matériel pour les travaux pratiques
étant entièrement inexistant ou très vétuste.
Par ailleurs, le ratio professeur/étudiant est très élevé. L’encadrement en est négativement impacté. N’est-
ce pas que certains enseignants dispensent plusieurs cours dans des classes de plus de deux mille étudiants
où leurs voix ne sont entendues que par une minime partie des étudiants ?
Or, un pays ne saurait se développer sans ressources humaines de qualité : les enseignants, les éléments
des forces de défense et de sécurité, les médecins, les ingénieurs doivent être de très bon niveau… N’est-ce
pas que les ressources humaines de très bonne qualité sont surtout formées dans les universités et autres
grandes écoles d’enseignement supérieur ? Du reste, c’est la qualité des ressources humaines qui
déterminera le développement des pays africains au sud du Sahara.
C’est pour aider à augmenter la masse critique des ressources humaines de qualité en Afrique que
l’Observatoire continental pour l’Enseignement supérieur et la Recherche scientifique et technologique
(OER) a été créé.
L’OER est un lieu de convergence des acteurs des milieux universitaires, de la recherche et de l’innovation
pour la promotion de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et technologique dans les
institutions d’enseignement supérieur privées des pays africains, au sud du Sahara.
Notre mission est d’établir un réseau de collaboration interinstitutionnelle entre les centres de recherche et
universités privés d’Afrique au Sud du Sahara et les universités et centres de recherche publics ou privés
des autres continents.
Toutefois, nous nous inscrivons en complémentarité et non en concurrence avec les
initiatives de perfectionnement et de recherche des institutions publiques africaines. Aussi, poursuivons-
nous les objectifs suivants :
A. M. Diallo